Quelles sont les études de médecine les plus courtes, du diplôme au métier accessible ?

L’odontologie se termine le plus vite parmi les filières de santé dont la durée est établie : 6 ans, contre 9 ans pour la médecine générale et jusqu’à 12 ans pour certaines spécialités médicales. Malte forme les médecins en 5 ans grâce au MBBS délivré par le campus local de Queen Mary University of London, une durée inférieure à la moyenne observée sur le continent européen. Ce diplôme obtenu à l’étranger n’ouvre toutefois qu’une possibilité de reconnaissance en France, jamais un droit automatique d’exercer. Neuf ans suffisent pour devenir médecin généraliste, DES compris.
Quelle filière de santé se termine le plus vite : médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique ou kiné ?
L’odontologie se termine le plus vite parmi les filières de santé pour lesquelles une durée est établie : 6 ans au minimum, contre 9 à 12 ans pour la médecine. Les cinq filières MMOPK partagent la même porte d’entrée, via le PASS ou une L.AS, mais divergent ensuite fortement dans leur longueur.
| Filière | Durée totale (première année incluse) |
|---|---|
| Odontologie | 6 à 11 ans selon la spécialisation |
| Médecine | 9 à 12 ans selon la spécialité choisie |
| Pharmacie | non précisée |
| Maïeutique | non précisée |
| Kinésithérapie | non précisée |
En odontologie, l’année 1 correspond au PASS ou à une L.AS, suivie de cinq années de formation clinique, la thèse de doctorat en chirurgie dentaire intervenant en 6e année. Un diplômé exerce donc dès 24 ans, avant d’ajouter 2 à 5 ans de DES pour une spécialisation en orthodontie, chirurgie orale ou parodontologie.
Pour la médecine, le premier cycle dure 3 ans, sanctionné par le DFGSM, le deuxième cycle 3 ans avec le DFASM, et le troisième cycle, l’internat, s’étend de 4 à 6 ans selon la spécialité retenue. Le total atteint donc 9 ans pour un médecin généraliste, jusqu’à 12 ans pour certaines spécialités.
Aucune durée chiffrée comparable n’est disponible pour la pharmacie, la maïeutique et la kinésithérapie, ce qui empêche de les situer précisément dans ce classement.
Comment se déroulent les études de médecine, du PASS/L.AS à l’internat ?
Le cursus s’enchaîne en trois cycles, précédés d’une année d’accès sélective : PASS ou L.AS, puis premier cycle, deuxième cycle et internat, chacun sanctionné par un diplôme propre avant la thèse d’exercice. Le PASS constitue une majeure Santé assortie d’une mineure disciplinaire, tandis que la L.AS correspond à une licence classique complétée d’une mineure Santé, ouvrant jusqu’à deux candidatures en médecine sur le cycle licence. La sélection s’appuie, sur Parcoursup, sur le classement aux épreuves santé et parfois des oraux.

Le premier cycle regroupe les deuxième et troisième années, centrées sur l’anatomie, la physiologie, la sémiologie et les premiers stages d’initiation en milieu hospitalier. Il se conclut par le DFGSM, diplôme équivalent à une licence.
Le deuxième cycle, ou externat, s’étend de la quatrième à la sixième année. Les cours magistraux alternent avec des stages hospitaliers approfondis, où l’étudiant assiste les équipes médicales, observe, interroge les patients et apprend à poser un diagnostic. La fin de la sixième année est marquée par les EDN et les ECOS, qui conditionnent le choix de la spécialité et de la ville d’internat, et par l’obtention du DFASM.
Le troisième cycle, l’internat, engage l’étudiant à temps plein dans les hôpitaux, au rythme de stages semestriels, jusqu’à la validation du DES correspondant à la spécialité choisie. La soutenance d’une thèse d’exercice clôt le parcours et confère le titre de docteur en médecine.
Quel pays d’Europe forme les médecins le plus rapidement ?
Malte forme les médecins le plus rapidement en Europe : le campus local de Queen Mary University of London délivre un MBBS en cinq ans, quand la durée standard des études médicales sur le continent atteint six ans avant toute spécialisation. Le parcours français, avec ses trois cycles jusqu’au DES, dépasse largement cette durée.
Ce campus applique le même programme qu’à Londres, inscrit au répertoire mondial des écoles de médecine, avec un enseignement intégralement dispensé en anglais. Une université locale maltaise propose la même formation en cinq ans, pour un coût annuel de 95 euros contre plus de 37 000 euros à Queen Mary. L’admission exige un bac mention bien minimum, des notes scientifiques élevées et, pour Queen Mary, un score UCAT supérieur à 2 340.
Ailleurs en Europe, la référence reste la durée de six ans : la République tchèque, avec les universités Charles, Masaryk et Palacky, forme ses médecins en six ans avant la spécialisation, comme la majorité des pays du continent. Malte gagne une année en supprimant du tronc commun des disciplines réservées à la spécialisation, telles que l’épidémiologie ou l’hématologie.
Un diplôme de médecine obtenu en 5 ans à l’étranger permet-il d’exercer en France ?
Non : la formation menée à son terme à l’étranger ouvre une possibilité de reconnaissance, jamais un droit automatique. La directive 2005/36/CE du 7 septembre 2005 encadre la reconnaissance des qualifications professionnelles en Europe, mais n’établit aucun régime d’équivalence systématique. Un médecin diplômé hors de France peut ainsi se voir imposer des mesures compensatoires dès lors qu’une différence substantielle apparaît entre sa formation et celle exigée sur le territoire français.
Le diplôme délivré après un cursus court reste toutefois reconnu dans l’Union européenne et en Angleterre, avec des équivalences dans de nombreux autres pays, ce qui explique pourquoi une partie des étudiants concernés choisit de rester sur place plutôt que de rentrer. Près de 4 000 étudiants français suivaient des études de médecine hors de France en 2023, principalement en Roumanie, en Espagne et en Belgique francophone. Pour ceux qui reviennent, les épreuves dématérialisées nationales conditionnent l’accès au troisième cycle en France, sur la base des connaissances, des compétences cliniques et du parcours individuel.
Quelles spécialités, et quels métiers, correspondent à chaque durée d’études suivie ?
La médecine générale constitue la spécialité la plus courte parmi les 44 spécialités médicales ouvertes au troisième cycle : neuf ans d’études, DES obtenu compris, suffisent pour exercer comme médecin généraliste. À l’inverse, la chirurgie, la psychiatrie ou la cardiologie imposent 10 à 12 ans d’études, l’internat s’étirant sur 4 à 6 années selon la maquette retenue.

La durée de l’internat distingue nettement les parcours. La médecine du travail se conclut en 4 années d’internat, la plus courte de toutes les spécialités médicales, portant le total à 10 ans d’études pour exercer comme médecin du travail. Les spécialités chirurgicales et la psychiatrie, à l’opposé, allongent le troisième cycle jusqu’à son maximum.
Chaque diplôme d’études spécialisées correspond à un métier précis. Un interne devient psychiatre, cardiologue ou chirurgien à l’issue de son DES, quelle que soit la durée de sa formation. Le diplôme d’État de docteur en médecine, commun à tous les internes, accompagne systématiquement ce DES et fixe officiellement le titre de spécialiste, du médecin généraliste diplômé en neuf ans au chirurgien formé sur 10 à 12 ans.
Peut-on devenir médecin plus vite via une passerelle, une reconversion ou une réforme à venir ?
Des passerelles universitaires existent pour intégrer directement la deuxième ou la troisième année de médecine, sans repasser par le PASS ou la LAS. Elles ciblent les professionnels du secteur médical et les titulaires d’un diplôme en pharmacie, maïeutique, vétérinaire ou sciences. Un candidat en reconversion à 30 ou 40 ans y accède sur dossier, entretien et motivation. Certains passent par un concours interne.
Aucune réforme ne raccourcit le tronc commun. La durée reste fixée par cycle : PASS ou LAS, puis externat, puis internat. Le nombre d’années dépend toujours de la spécialité choisie en fin de deuxième cycle. Une passerelle accélère l’accès aux études, elle ne réduit pas leur durée totale.
Étude de médecine courte : une durée qui n’ouvre pas seule le droit d’exercer
Le choix d’un cursus court ne se limite pas à la durée affichée : il engage aussi la reconnaissance du diplôme dans le pays d’exercice visé. Un diplôme obtenu à l’étranger reste soumis à une procédure de reconnaissance en France, jamais acquis d’office, quelle que soit la rapidité du parcours suivi. La durée du parcours conditionne directement le statut atteint à la sortie : chaque étape franchie correspond à un métier ou un statut précis, du médecin généraliste au spécialiste. En odontologie, le diplômé entre en exercice dès 24 ans. Le critère décisif reste donc moins la brièveté du cursus que la certitude d’obtenir, au terme des études, le droit effectif de pratiquer.