Bac général SVT, bac ST2S ou bac pro : quel bac choisir pour devenir infirmière ?

Le bac général avec une spécialité scientifique et le bac ST2S restent les deux voies les plus recommandées pour intégrer un institut de formation en soins infirmiers. Le bac pro ASSP ouvre aussi cette voie, mais impose un dossier Parcoursup plus solide pour convaincre le jury.
L’admission en IFSI ne repose plus sur un concours écrit : les résultats scolaires, les appréciations des enseignants et la cohérence du projet pèsent directement dans la sélection. Sans le bac, l’accès reste possible par la formation professionnelle continue, réservée aux candidats justifiant d’au moins trois ans de cotisation.
Quel bac choisir pour devenir infirmière : le comparatif des filières
Le bac général avec spécialité SVT et le bac ST2S restent les deux voies les plus recommandées pour intégrer un IFSI, tandis que le bac pro ASSP demeure accessible mais impose un dossier Parcoursup plus solide face à une concurrence plus rude. Aucun bac n’est écarté par Parcoursup, mais chaque filière n’offre pas le même point de départ.
| Bac | Spécialités ou contenu recommandé | Atout pour le dossier Parcoursup | Niveau de difficulté |
|---|---|---|---|
| Bac général | SVT en priorité, physique-chimie en complément | Filière privilégiée par les IFSI, profil scientifique valorisé | Modéré, sous réserve d’une mention correcte |
| Bac ST2S | Sciences et technologie de la santé et du social, programme déjà orienté vers le sanitaire et le social | Cohérence directe entre le contenu du bac et la formation en soins infirmiers | Modéré, profil attendu par les IFSI |
| Bac pro ASSP | Accompagnement, soins et services à la personne | Voie d’accès reconnue mais minoritaire sur Parcoursup | Élevé, dossier et entretiens à renforcer face aux bacs généraux et technologiques |
La spécialité SVT s’impose comme une évidence pour les bacheliers généraux qui visent l’IFSI. La physique-chimie complète utilement ce choix pour les candidats qui veulent renforcer leur profil scientifique. Le bac ST2S, lui, colle directement au contenu attendu en soins infirmiers : son programme aborde déjà les questions sanitaires et sociales, ce qui facilite l’adéquation avec le dossier Parcoursup.
Le bac pro ASSP reste une voie d’accès possible, mais les bacheliers professionnels affrontent une concurrence plus dense face aux profils généraux ou technologiques lors des admissions en IFSI. Une formation complémentaire de trois ans s’impose ensuite, quelle que soit la filière de départ. Mettre en avant ses stages et ses compétences acquises pendant le bac pro ASSP renforce le dossier lors des entretiens.
Peut-on devenir infirmière sans le bac ?
Devenir infirmière sans le bac reste possible, mais uniquement par une voie parallèle à Parcoursup : la formation professionnelle continue. L’arrêté du 31 juillet 2009 réserve cet accès aux candidats qui justifient d’au moins trois ans de cotisation à un régime de protection sociale au moment de l’inscription aux épreuves de sélection.
Cette voie s’adresse en priorité aux personnes en reconversion professionnelle, aux salariés du secteur sanitaire et social ou aux titulaires d’un diplôme d’aide-soignant ou d’auxiliaire de puériculture. L’expérience professionnelle constitue la condition centrale de ce parcours, puisqu’aucun diplôme du secondaire n’est exigé. L’admission ne passe pas par Parcoursup : chaque IFSI organise son propre concours d’entrée, composé d’une épreuve écrite et d’un entretien oral. Depuis 2019, ce concours de reconversion comprend trois épreuves distinctes : une épreuve de culture sanitaire et sociale notée sur 10 points, une épreuve de mathématiques notée sur 10 points, et un oral sur le parcours et les motivations du candidat, noté sur 20 points.
Une fois admis, le candidat suit la même formation de trois ans que les bacheliers et obtient le même diplôme d’État infirmier. Sans bac, l’accès direct dès la sortie du lycée reste fermé : la promotion professionnelle, via un concours et une expérience d’au moins trois ans dans le secteur sanitaire ou médico-social, constitue la seule porte d’entrée.
Comment fonctionne la sélection Parcoursup pour intégrer un IFSI ?
Depuis la réforme de 2019, l’admission en IFSI ne repose plus sur un concours écrit mais sur l’analyse du dossier Parcoursup. Les jurys examinent les résultats scolaires, les appréciations des enseignants et la cohérence du projet professionnel du candidat.
La procédure s’organise en plusieurs étapes. Le candidat formule ses vœux entre janvier et mars, chaque regroupement d’IFSI comptant comme un vœu et chaque institut comme un sous-vœu. Un questionnaire d’auto-positionnement doit ensuite être complété avant la confirmation des vœux. La lettre de motivation pèse dans la décision finale : elle doit refléter une compréhension précise du métier d’infirmier, et non un simple récit personnel.
Le jury ne cherche pas un profil unique. Il valorise une progression scolaire cohérente et une motivation clairement exprimée. Le type de bac obtenu, qu’il s’agisse d’un Bac général, d’un Bac ST2S ou d’un Bac Pro ASSP, entre en ligne de compte sans constituer un critère éliminatoire. Pour les candidats en reconversion professionnelle, cette procédure Parcoursup ne s’applique pas : ils passent par des épreuves spécifiques organisées directement par les instituts, hors plateforme.
Comment se déroulent les trois années de formation en IFSI ?
La formation en soins infirmiers dure trois ans dans un institut de formation en soins infirmiers et alterne enseignements théoriques et stages pratiques jusqu’à l’obtention du diplôme d’État infirmier. L’IFSI répartit le cursus en 2 100 heures d’enseignement théorique, en cours et à l’université, et en 2 100 heures d’apprentissage clinique en stage.

Les enseignements théoriques couvrent l’anatomie, la physiopathologie, les soins infirmiers, l’éthique et la déontologie. Des travaux dirigés, des travaux pratiques et des séances de simulation complètent ces cours. L’IFSI développe ainsi une réflexion structurée autour du soin, en intégrant des concepts propres aux soins infirmiers.
Les stages occupent une place équivalente à celle des cours magistraux. Ils totalisent 60 semaines réparties sur les trois années d’études, en milieu hospitalier ou en soins à domicile. Cette alternance permet de confronter les connaissances acquises à la pratique clinique dès les premiers mois de formation.
Au terme des trois ans, l’étudiant obtient le diplôme d’État infirmier, un diplôme de niveau 6 conféré grade licence. Ce parcours ouvre ensuite la voie à des spécialisations comme infirmier puériculteur, IBODE ou IADE, ainsi qu’à des évolutions de carrière comme IPA.
Quelles qualités et quel quotidien pour exercer le métier d’infirmier ?
Le référentiel de formation des IFSI liste des compétences précises : évaluer une situation clinique, concevoir un projet de soins, accompagner une personne dans ses soins quotidiens et communiquer dans un contexte de soins. Ces compétences dessinent le portrait attendu d’un futur professionnel.

Au delà des connaissances techniques, le métier infirmier exige une capacité à analyser une situation et à réagir rapidement. Le référentiel impose également de mettre en œuvre des actions à visée diagnostique et thérapeutique, ainsi que des soins éducatifs et préventifs. Ces missions demandent de la rigueur, une communication claire avec les patients comme avec les équipes, et une aptitude à organiser des interventions soignantes en autonomie.
Le quotidien varie fortement selon le secteur d’exercice. Un infirmier débute le plus souvent en établissement de santé, hôpital ou clinique, où il développe ses compétences techniques face à des situations cliniques variées. Avec de l’expérience professionnelle, il accède à des environnements plus spécialisés comme le bloc opératoire, ou s’oriente vers l’exercice libéral, le médico-social, la santé scolaire ou la santé au travail. Certains évoluent ensuite vers des fonctions d’encadrement ou de formation, preuve que les soins ne se limitent pas à un cadre unique.
Quel est le salaire d’une infirmière ?
Un infirmier débutant dans la fonction publique hospitalière perçoit environ 2 026 euros nets mensuels après un an de carrière, un montant qui progresse ensuite selon l’ancienneté. La profession relève de la catégorie A de la fonction publique hospitalière.
| Ancienneté | Salaire net mensuel |
|---|---|
| 1 an de carrière | 2 026 € |
| 5 ans de carrière | 2 207 € |
| 20 ans de carrière | 2 924 € |
| Fin de carrière | 3 398 € |
En exercice libéral, la rémunération avoisine 2 500 euros nets mensuels, un montant qui varie selon le volume horaire assuré. Ce mode d’exercice offre ainsi une rémunération proche de celle d’un infirmier hospitalier confirmé, dès les premières années d’activité. Le choix du secteur, hôpital, EHPAD public ou libéral, influence donc directement le niveau de revenu, indépendamment du seul critère d’ancienneté.
Quels débouchés après le diplôme d’État infirmier ?
Le diplôme d’État infirmier ouvre l’accès direct au métier d’infirmier dans les hôpitaux, cliniques, structures médico-sociales, la santé scolaire ou la santé au travail, ainsi qu’à quatre spécialisations accessibles après quelques mois ou années d’exercice. La majorité des jeunes diplômés débute en établissement de santé, au sein de la fonction publique hospitalière, avant d’envisager d’autres orientations.
Avec de l’expérience, l’exercice libéral offre davantage d’autonomie. Les spécialisations complètent ce parcours : infirmier de bloc opératoire diplômé d’État (IBODE) après 18 mois de formation, infirmier anesthésiste diplômé d’État (IADE) après 24 mois, infirmier puériculteur diplômé d’État (IPDE) après 12 mois, ou infirmier en pratique avancée (IPA). Une évolution vers l’encadrement reste également possible : après 4 ans en tant qu’infirmier de la fonction publique hospitalière, l’accès au poste de cadre de santé suppose une formation de 10 mois, sur concours, dans l’un des 40 instituts de formation des cadres de santé (IFCS).
Le grade de licence attaché au diplôme d’État infirmier autorise aussi la poursuite en master, notamment en santé publique ou en management des organisations sanitaires et sociales, voire jusqu’au doctorat.
Comment trancher entre bac général, ST2S et bac pro ASSP
Un lycéen encore hésitant entre bac général et bac ST2S gagne à regarder son niveau en sciences : une spécialité SVT ou physique-chimie solide ouvre aussi d’autres filières de santé si le projet infirmier évolue, quand le bac ST2S ancre plus tôt dans les contenus liés aux soins et à l’accompagnement. Pour un candidat en bac pro ASSP, mettre en avant ses stages et ses compétences acquises pendant sa formation renforce le dossier lors des entretiens, un atout que les deux autres bacs n’offrent pas au même degré. Le choix se joue moins sur l’intitulé du diplôme que sur la capacité à construire, dès la classe de première, un dossier cohérent avec le métier visé.